Fort de France et un peu d'histoire
Nous prenons une journée pour visiter la capitale. Il se dégage un certain charme du centre, sans l'agitation fréquente des grandes villes. Sa baie est désormais classée dans les plus belles du monde, il faut arriver par la mer pour en profiter.
Fort de France a longtemps été en rivalité avec Saint-Pierre pour être la capitale de l'île, son point faible était ses maisons en bois, construites en pierres à .. Saint-Pierre. Fort de France fut victime de plusieurs catastrophes : épidémies, tremblements de terre, cyclones... Mais l'éruption de la Montagne Pelée en 1902 qui détruisit Saint-Pierre trancha, la seule ville capable d'accueillir tous les rescapés est Fort de France.
Grande figure Martiniquaise, Aimé Césaire a été maire de la ville de 1945 à 2001.Fort de France a longtemps été en rivalité avec Saint-Pierre pour être la capitale de l'île, son point faible était ses maisons en bois, construites en pierres à .. Saint-Pierre. Fort de France fut victime de plusieurs catastrophes : épidémies, tremblements de terre, cyclones... Mais l'éruption de la Montagne Pelée en 1902 qui détruisit Saint-Pierre trancha, la seule ville capable d'accueillir tous les rescapés est Fort de France.
La jolie Poste :)
La bibliothèque Schoelcher : montée à Paris en 1887 pour l'exposition universelle de 1889, elle a été transportée pièce par pièce à Fort de France.
On voit bien La Savane, place principale de la ville, autrefois malfamée, entièrement réhabilitée, face au front de mer.
Le Fort Saint-Louis, d'inspiration Vauban. La visite guidée est obligatoire (8 € par personne) car des militaires y sont toujours présents, nous aurons donc accès à une petite partie du fort seulement. Petit groupe d'une vingtaine de personnes. La guide, Marie-Paule est très intéressante.
Les premiers colons français ont planté le drapeau au nom du roi en 1635. Un premier fortin en bois a été édifié à cet emplacement dès 1638 pour protéger la baie. L'endroit était très marécageux et habité par de nombreux moustiques porteurs de virus et de serpents : le trigonocéphale (très grosse vipère) responsable de beaucoup de morts chez les premiers colons. Le marais fut asséché, le fort changea plusieurs fois de nom, suivant ses propriétaires anglais ou français, le nom de Fort Saint-Louis date du début du XIXème siècle.
Un des seuls endroits de Martinique où on peut encore voir des iguanes !
Les missions des militaires aujourd'hui : protéger les côtes, missions humanitaires en cas de besoin (séismes de St Martin, Haïti), lutte contre les narco-trafiquants.
Vue sur la Montagne Pelée.
La plage "La Française", au pied du Fort, lieu de détente pour tous.
Après la visite, nous posons quelques questions à Marie-Paule, notamment sur l’esclavage. Nous partons boire un verre tous les trois pour continuer l'échange.
Un peu d'histoire, version Biche et très résumée :
Une grande majorité de martiniquais d'aujourd'hui descendent des esclaves, africains.
Les premiers habitants de l'île étaient des amérindiens, arrivés d'Asie. Avec l'arrivée des européens, malgré une entente pacifique au départ, et à cause des maladies inconnues jusqu'ici, ils ont vite disparus...
Vient le temps de l'exploitation de la canne à sucre, et le besoin de main d'oeuvre. Des bagnards français ont été embauchés, mais leurs conditions de vie/travail, et leur physique pas assez robuste les ont vite éliminés.
Des esclaves africains sont donc emmenés ici, dans des conditions épouvantables bien sûr, les plus costauds sont notamment choisis. Plus habitués à la chaleur que les "petits blancs", ils résisteront mieux au climat tropical. Cependant, ces esclaves africains ne sont pas de caractère à se faire exploités et de nombreuses révoltes éclateront. Ceux qui parviennent à s'enfuir se cachent dans les montagnes au nord : les nègres marrons.
Il n'y avait pas d'autre issue que la voie maritime pour s'échapper de l'île. Le voyage pour arriver en Martinique et les tentatives d'évasion par la mer ont laissés des traces sur les esclaves et Marie-Paule constate que les Martiniquais sont aujourd'hui encore très peu tournés vers la mer...
La langue créole a été inventée pour que ces esclaves, venant de différents pays, puissent communiquer entre eux.
A l'abolition de l'esclavage en 1848, des ouvriers indiens seront embauchés pour remplacer les esclaves, il reste des communautés indiennes dans le nord.
De métropole, on entend fréquemment parler de racisme blanc dans les Antilles Françaises. Nous n'avons pas du tout ressenti cela et avons eu au contraire des échanges très ouverts avec des Martiniquais. Nous apprécions beaucoup ces moments, dans une bijouterie ou un stand de légumes, où la conversation part sur tous les sujets, de l’esclavage à la protection de l'environnement et sur les animaux en Guyane !
Marie-Paule nous explique que les Martiniquais sont en colère contre la France car, contrairement à la Shoah, la France n'a jamais reconnu officiellement son rôle dans l'esclavage et que ce volet de l'histoire est peu abordé. Et pourtant, si cette population française est ici, c'est bien à cause de l'histoire...
Un Monsieur nous a raconté que des esclaves étaient choisis pour avoir des enfants ensemble, comme un système d'élevage, pour des critères physiques...Comment grandir avec ça ?
Nous souhaitons vraiment approfondir le sujet, également pour se préparer à la Guyane et la rencontre avec les guyanais. Quoi dire nous aujourd'hui, en tant que français, qui débarquons sur ces terres ? Nous sommes parfois mal à l'aise de prendre conscience de ce passé pas si loin.
De belles images et de belles réflexions.... Cela ne m'étonne pas de vous...
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