Cap à l'Est

Pour le week-end de Pâques, nous sommes parti en amoureux découvrir l'Est guyanais.
Il y a une seule route qui traverse le pays d'Ouest (national 1) en Est (nationale 2) !
Il faut s'habituer à ce langage car on a plus l'habitude de dire du Nord au Sud.
Donc l'Ouest c'est le Nord et l'Est c'est le sud ! euh ça ne serait pas le contraire ? :)

Pour rappel, voici la Guyane
Et ici, un zoom sur la partie Est. 
Jusqu'alors, nous n'avions pas dépassé Cacao.
Nous nous sommes d'abord arrêtés visiter Régina, puis randonner à Savane-roche Virginie et enfin à Saint-Georges de l'Oyapock. 
Nous avons dormi deux nuits sur un îlet (brésilien) sur le fleuve Oyapock. Le fleuve est la frontière naturelle entre les deux pays. 
Nous en avons donc profité pour visiter Oiapoque, ville brésilienne, à 15mn en pirogue de St Georges.

Samedi, à 2h de Rémire Montjoly : la petite ville de Régina le long de l'Approuague.






Savane-roche Virginie
Randonnée de 6 kms aller-retour.
En Créole, le terme Savane signifie "Là où il n'y a pas d'arbres". Il existe de nombreuses savanes en Guyane (savanes sèches ou inondées) mais celle ci est caractéristique car la présence de la roche granitique rend le milieu hostile et seuls quelques végétaux arrivent à s'enraciner dans le maigre terreau qui s'accumule dans les anfractuosités du granit.
Végétation que l'on peut retrouver dans ce type de milieu : orchidées, ananas sauvage, philodendrons...



Sentez-vous l'odeur de la forêt ?
C'est une odeur riche, humide, parfois très chargée, de terre et de végétaux en décomposition.
Entendez-vous le bruit de la forêt ?
Il y a d'abord les insectes : criquets, cigales ...
les bruyantes grenouilles,
puis les nombreux oiseaux, dont celui qui, comme un sonar, prévient de notre arrivée,
les mouvements rampants (souvent des lézards),
et des bruits de chutes ! De grosses feuilles, de branches ou de graines voir même des noix de coco.
Des conversations entre singes,
Et tellement de bruits que nous n'identifions pas encore !


Grâce à l'Inselberg, nous pouvons apprécier la vue au dessus de la canopée. La forêt amazonienne est tellement dense qu'il est rare d'en avoir une vision plus lointaine.  
En allemand Insel signifie île et berg, montagne. Les Inselbergs sont des formations granitiques souvent en forme de pain de sucre, pouvant culminer jusqu'à 700m d’altitude en Guyane.


Ananas sauvages (non comestibles) et protégés.



Arrivée en fin d'après-midi à St Georges de l'Oyapock. Nous y garons la voiture. Les piroguiers nous attendent dès le parking pour nous proposer leurs services.





Nous n'allons pas loin puisque nous passons la nuit à ILHA DO SOL : un îlet privé, au milieu du fleuve Oyapock.
Les propriétaires sont très gentils, ils parlent un peu français mais beaucoup portugais et nous ne comprenons pas tout ce que nous raconte cette charmante dame bavarde !






C'est rustique, absolument pas droit, mais charmant. On peut dormir en hamac (12 €/p) ou en chambre (30 €). Les chambres n'ont pas de plafond donc nous vivons tous ensemble. Sur la terrasse, deux grandes tablées pour prendre les repas proposés par les hôtes.




Sous la cabane, les pilotis font tristes mines ! On croise les doigts pour qu'ils tiennent le coup au moins 2 nuits...

Vue sur l'arrière de la cabane. Toute l'eau est rejetée directement dans le fleuve, il faut donc être vigilent sur les produits utilisés et ne rien jeter dans les toilettes !

A marée basse uniquement, on peut profiter de la plage.
A gauche c'est la Guyane, à droite, le Brésil !
A partir d'ici, tous nos déplacements se feront en pirogue.



Pour ce week-end de Pâques c'est quasi complet avec une 30taine de personnes en tout.
L'enfer, c'est les autres ! Certains groupes rentrent tard, allument les lumières, parlent et rient comme s'ils étaient seuls... Et nous entendons la musique à fond côté brésilien toute la nuit ! 

Dimanche, nous prenons une pirogue avec Flora et Bastien rencontrés ici, direction Saut Maripa, à une 20taine de minutes de pirogue, côté Guyane. Au départ, on nous proposait 50 € pour 2 pour ce trajet, nous avons réussi à obtenir le même prix pour 4 personnes.

En attendant la pirogue


Les biches sont contentes :)

Le pont à 20 millions d'€ : projet de plusieurs dizaines d'années, abouti sous l'ancien président Sarkozy, avec la volonté politique d'un rapprochement avec le Brésil. Résultat : personne n'emprunte ce pont ! 
La route côté Brésil pour rejoindre Macapa n'est pas terminée donc inaccessible en saison des pluies et les brésiliens doivent avoir un visa (environ 150 €) pour entrer en France. Une tolérance serait appliquée aux habitants du rivage. Conclusion, les gens des deux côtés continuent à faire comme ils ont toujours fait pour commercer : en pirogue !

Nous apprécions ce trajet, c'est super la pirogue, être au ras de l'eau, le long de la forêt et de quelques villages de pêcheurs. On aperçoit une dame laver son linge à côté des enfants qui jouent dans l'eau, scène d'un autre temps. Guyane ou Brésil peu importe, ce sont avant tout des gens du fleuve.


Notre piroguier nous dépose et nous donne rendez-vous en fin de journée pour le retour. Nous commençons la rando le long de l'ancienne voie ferrée avec Flora et Bastien. Ils s'arrêtent avant car ils partent faire du rafting l'après-midi. 



Un projet hôtelier abandonné fait le bonheur des randonneurs et kayakistes qui s'installent sous les carbets avec leurs hamacs. Ambiance un peu glauque !

Saut Maripa (sauts = rapides)


En route pour les deux boucles de 16 kms. Nous ne sommes pas dans une forêt primaire donc pour une fois, c'est assez lumineux. D'ordinaire, lors de nos randonnées, on perd vite toute notion du temps car la lumière du jour ne perce pas à travers la végétation très dense.


Nous voyons de nombreuses grenouilles, du bébé de 1cm à la plus voyante.
Ci-dessous "Dendrobate à tapirer", espèce protégée et vénéneuse, qui pond ses œufs dans les broméliacées puis transporte ses têtards sur le dos.
A vous de jouer : trouver la grenouille ci-dessous !


La nature est extraordinaire !
Voici en direct trois étapes du développement des graines.
De la germination à gauche où la graine va s'ouvrir, puis s'enraciner (au milieu) et le début de la tige avec ses premières feuilles (à droite).
Il y a un nombre de graines incroyables dans la litière de la forêt. Celles-ci sont en attente du meilleurs moment pour germer : généralement dès que la lumière apparaît (chute d'arbre notamment), ce que l'on appel un chablis.



Floraison de palmier.


Chacun sa technique pour se rafraîchir :)



On retrouve nos compagnons de pirogue pour le retour. Arrêt rapide et premiers pas sur le sol brésilien pour retirer de l'argent car, du côté guyanais, le distributeur du village est vide. Nous rentrons ensuite à Ilha do sol.



Les rues sont désertes en ce dimanche soir.


Lundi 22 avril : Oyapoque - Brésil
Il n'y a pas de frontière à passer : en quelques minutes de pirogue, nous accostons côté brésilien.
L'ambiance est différente, on se sent loin de l'Europe, quelques personnes nous abordent gentiment dans la rue pour discuter, dépaysement assuré !

 Qui veut un hamac ?


 Le paradis des tongues brésiliennes !


Dernier passage par notre îlot avant le retour à la maison. Nous avons bien profité de ces trois jours hors du temps !


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