Escapade dans les îles

Dimanche 21 juillet : escapade paradisiaque en vue !
Avec Amandine, Bastien et Julie, nous avons passé la nuit à Kourou pour prendre le bateau dimanche matin. 

Départ du débarcadère de la pointe des Roches pour attendre le catamaran de Tropic Alizés. L'archipel des îles se situe environ à 13 km au nord de Kourou.

Cette petite croisière prend des airs de vacances ! Avec le planteur en prime ;)


L'eau est bleue ! Cela change de la couleur des plages du littoral ! On en profite pour immortaliser ces beaux moments partagés avec les copains.





Malgré ce beau décor, la douloureuse histoire n'est pas loin ... Quelques informations avec les panneaux du musée de l'île Royale.

De nombreux vestiges attestent d'une présence amérindienne ancienne sur les Iles du Salut.

L'expédition de Kourou
En 1763, la France vient de perdre la guerre de Sept ans contre l'Angleterre, à qui elle a dû céder notamment ses possessions au Canada et en Inde. 
Le duc de Choiseul, secrétaire d'Etat à la guerre et à la marine, songe à la revanche. Si l'Angleterre est souveraine en Amérique du Nord, la France deviendra une puissance importante en Amérique du Sud. Pour cela, il faut une colonie bien mise en valeur et bien peuplée.
Décidé à frapper un grand coup, Choiseul fait embarquer plus de 13 000 colons pour la Guyane.

L'opération est mal préparée et les colons, confrontés aux maladies et aux conditions difficiles de cette terre marécageuse, sont rapidement décimés. Les survivants attendent leur rapatriement vers la France, regroupés aux Iles. Dénommées Iles du Diable par les 1ers navigateurs à cause des roches et du fort courant, elles prendront ensuite le nom d'Iles du Salut !

Le bagne :
Les îles du Salut son occupées dès 1852 et vite surpeuplées : jusqu'à 1 600 forçats. On crée alors de nombreux bagnes sur le continent. 
Dès 1895, chacune des trois îles a sa fonction :
L'île Royale est le domaine de l'administration et des condamnés de droit commun, les prisonniers politiques sont envoyés à l'île du diable, tandis que l'île St Joseph abrite les terribles cellules réservées aux récalcitrants de la soumission.


On contourne d'abord l'Ile du Diable (non ouverte au public) avec la maison de Dreyfus.

En 1854, l'île n'est pas habitée, aucun bâtiment n'y est construit. "Seulement, on envoie les plus mutins y passer quelques temps, ce qui, joint à son nom singulier, peut faire supposer que ce n'est pas un paradis terrestre".
Puis on y installe les politiques, condamnés pour "affiliation à une société secrète". 
L'île fut ensuite abandonnée à de plus démunis encore : les lépreux, libérés ou en cours de peine, tous mêlés. 
Après leur départ pour St Louis du Maroni, c'est là que Dreyfus y subit la peine de la déportation en enceinte fortifiée, de 1895 à 1899.

L'île Saint Joseph
Cette île reçoit dans un 1er temps les opposants politiques à Bonaparte, afin de les séparer entièrement des condamnés. 
Devenue île de la réclusion, où l'on enferme les incorrigibles, c'est un monde à part que les forçats n'évoquent qu'avec effroi.
Dans les cellules individuelles surmontées de grilles le long desquelles passent les gardiens, il interdit de communiquer, de fumer. Le seul mobilier est un bat-flanc sur lequel on attache le puni pendant la nuit. 
Le jour, il a le choix entre rester debout ou s'allonger à même le sol : ce n'est qu'en 1936 qu'on installera des tabourets dans les cellules.
La peine maximale de réclusion est de 5 ans. Durée maximale qu'un homme peut supporter en espérant ne pas devenir fou.

Nous avons du mal à imaginer cet horrible passé en parcourant ce décor paradisiaque...



Le décor s'assombrit... Une grosse averse d'une bonne heure perturbera un peu la suite de la balade.

Les ruines du bagne











Les îles étaient autrefois dénuées de végétation. Le cocotier fut introduit en 1860 pour y extraire l'huile de lampe, mais ce palmier avait du mal à s'acclimater. Il a aujourd'hui prit ses aises !


Le bateau nous conduit ensuite à l'Ile principale, l'île Royale.
La vie pour les forçats y est meilleure que sur le continent : travail moins dur, climat plus propice. C'est pourtant le lieu où séjourne les plus grands criminels, qui nécessitent une surveillance renforcée.
Jusqu'à la fin du XIXème siècle, on y envoi aussi les plus malades, car c'est le seul établissement pénitentiaire à disposer d'un hôpital.

L'ancienne maison du directeur, aujourd'hui petit musée.

Des capucins bruns curieux






Nous voyons ici beaucoup d'agoutis : ce rongeur au fessier roux que l'on voit souvent en forêt.
 Les maisons des surveillants



 L'hôpital militaire.
Celui des bagnards n'existe plus.
 La gendarmerie, ancien presbytère



Vue sur l'île Saint Joseph


Petite baignade en fin de journée pour les courageux.
Des piscines étaient aménagées pour les bagnards avec des grosses roches. Selon la légende, de nombreux requins peuplaient les côtes, et mangeaient les corps des bagnards jetés à l'eau...

A lire pour aller plus loin sur l’histoire des bagnes : "Papillon" d'Henri Charrière. Quelques doutes planent sur la véracité de ce récit autobiographique mais Papillon décrit bien les bagnes et les traitements subis. 

On termine cette belle journée avec le passage d'ibis rouges



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