Immersion en pays Wayana

Le 1er août, nous remontons à bord du petit avion d'Air Guyane à destination de Maripasoula.

Après 1h15 de vol très mouvementé (que nous passerons cramponnés aux sièges !), nous arrivons dans la plus grande commune de France.
Avec plus de 18 000 km² : 1 fois et demi la région île de France, c'est aussi la moins densément peuplée ! 99,9 % de la surface est occupé par la forêt vierge amazonienne. La ville est accessible par les airs ou le fleuve uniquement. Comme Saül, Maripasoula fait parti du parc amazonien de Guyane. 


Nous avons avec nous de quoi tenir une semaine en nourriture et rechanges, car le retour se fera par le fleuve. On a bien le réchaud mais en fait, on se rendra compte en arrivant qu'on a oublié la casserole... !

Contents ! Mais ça c'était avant le décollage...

Maripasoula
Le Surinam est juste de l'autre côté du Maroni : le village d'Albina 2, récent, est utile aux habitants de Maripasoula qui y font tous leurs achats car c'est beaucoup moins cher.
Comme dans toute la Guyane, plusieurs populations se côtoient : bonis, amérindiens, créoles, surinamais, haïtiens, brésiliens.



Il fait encore plus chaud que sur le littoral dans cette commune du sud ! Mais la promenade est agréable dans la petite ville, et les gens souriants.







Les petites maisons en bois dans leur environnement vert et fleuri.



Nous sommes accompagnés pendant notre admiration des dessins.





Vendredi : pour la 1ère fois en Guyane, nous avons réservé une expédition "organisée" afin de pouvoir entrer en territoire amérindien. Nous attendons notre guide, David, un Wayana, qui arrive avec 2h de retard au lieu du rendez-vous !
Notre objectif est de remonter le Maroni sur sa pirogue.

Arrêt dans un 1er village, côté Surinam : Lawa.
Nous sommes un peu mal à l'aise car David discute avec ses copains et nous laisse de côté. 
Ils parlent ensemble la langue des Wayana, la frontière du fleuve n'en est pas une pour eux qui passent sans arrêt d'un côté ou de l'autre.
Un des villageois fait de magnifiques ciels de case mais il ne nous autorise pas trop à nous approcher.



Exemple de "ciel de case" réalisé dans ce village, autrefois installé au plafond des maisons amérindiennes. La peinture est réalisée à base de terre crue.

De nombreuses personnes sont réunies au centre du village. L'administration s'est déplacée avec du matériel pour faire les papiers d'identité des habitants directement sur place.
Il y a même un aéroport ! Avec une piste en herbe !




Le seul endroit où nous verrons une tentative de sensibilisation à l'empoisonnement au mercure. Grave problème subi par ces amérindiens qui vivent sur le fleuve, se nourrissent de beaucoup de poissons, alors que les orpailleurs agissent à côté et polluent gravement le fleuve de mercure...

A proximité de chaque village amérindien que nous voyons, il y a des gens dans l'eau ! Femmes, hommes et enfants. Ils se lavent, font la vaisselle, la lessive...


David embarque 3 copains sur sa pirogue et s'arrête au prochain "chinois" (terme utilisé dans toute la Guyane pour désigner les petits commerces car ils sont tous tenus par des.. chinois ;) ) pour boire des bières. Cela dure un certain temps ! Moment insolite et assez drôle.
Deux papys sont là également. A nos yeux, ils sont conduisent étrangement avec le petit-fils de l'un deux qui a environ 3 ans. Ils lui donnent de la bière, beaucoup de sucreries et jettent les emballages par terre...



Nous ne nous arrêtons pas à Taluen mais cela semble être un beau village.

Arrivée chez les parents de David pour y passer la nuit. 

Nous sommes sur une petite île où vit uniquement la famille : parents, enfants et petits-enfants. Ils ont leur abattis où ils cultivent du manioc et autres racines, bananes...
Ses parents sont âgés, ils ne parlent pas français. Comme la majorité des autres personnes croisés dans les villages, ils sont vêtus uniquement d'un pagne.
Ce groupe de maisons est équipé comme la plupart des villages isolés de panneaux solaires et d'un groupe éléctrogène qui fonctionne de 19h à 22h, leur permettant également de regarder le 20h ! 


Ils vivent avec des singes apprivoisés : deux singes hurleurs adultes, et deux bébés tamarins qu'ils viennent de "trouver".


Ils semblent tristes et réclament des câlins !

Nos hamacs sont installés derrière. Nous sommes sous une maison où vit la soeur de David et ses enfants.





On admire la vue avant de se laver nous aussi dans le Maroni !

Le temps que la femme de David prépare le déjeuner (il est 16h !), nous nous promenons avec les enfants.


Moment de sérénité, qui nous rappelle notre première rencontre au Laos le long du Mékong...








Antecume Pata : dernier village amérindien en remontant le Maroni. Il n'y a plus rien d'autre après sur le fleuve !

Nous retrouvons Mimi Sicu que nous avions croisé au 1er village hier ! Il accepte que nous le prenions en photo en train de réaliser un éventail.
La légende voudrait que Thierry Lermitte l'aurait rencontré et aurait utilisé son nom dans le célèbre film des années 90. Mais comme David raconte beaucoup de blagues, difficile de démêler le vrai du faux ! 

Le joli village comprend une école, une dispensaire, un terrain de foot... Les maisons sont plus grandes et semblent plus solides qu'ailleurs. C'est un très beau lieu de vie.


David nous ramène le samedi en fin de matinée à Maripasoula. Sur la pirogue, nous sommes avec sa femme et sa nièce. Assez timides, elles ne nous parlent pas beaucoup. Ils ne vivent pas sur la petite île, car ils travaillent à Maripasoula où les enfants vont à l'école, mais ils passent tous les week-end.



Les passages de sauts sont assez sportifs ! C'est très technique, des rochers affleurent partout, il faut vraiment connaître les passages pour réussir à naviguer dans ce territoire. 
Aperçu d'un moment de navigation en accéléré, on voit quelques passages de sauts.


Nous sommes heureux d'avoir pu découvrir la manière de vivre des amérindiens. Parfois étonnés des contrastes entre tradition et modernité, nous espérons qu'ils parviendront à préserver leur culture.

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