Week-end dans la capitale voisine : Paramaribo au Surinam
De Saint-Laurent du Maroni, il n'y a qu'à traverser le fleuve pour accoster à Albina, au Surinam.
Pour entrer au Surinam, il faut une carte touristique (35 €/p pour une entrée). Afin de l'obtenir, nous avons passer une matinée (!) devant et dans le consulat du Surinam à Cayenne. Il faut ensuite passer par la police des frontières à l'arrivée et au départ, côté français et côté surinamais.
Le 17 août, nous montons donc dans une pirogue pour traverser le Maroni. Une fois à terre au Surinam, avant même le passage à la police, un chauffeur nous accoste et nous nous mettons d'accord sur le tarif pour nous emmener jusqu'à la capitale, Paramaribo, à 150 km d'ici, qui sera de 15 €/p.
Petite déconvenue en arrivant et en cherchant à retirer des $ surinamais, il faut attendre le 3ème distributeur pour que l'une de nos carte bancaire fonctionne ! Le chauffeur a eu peur de ne pas être payé ! On ne faisait pas les fiers non plus, n'ayant pas anticipé auprès de nos banques ce séjour à l'étranger...
Nous avons réservé un hôtel recommandé par une guyanaise rencontrée devant le consulat du Surinam. le prix est très correct (36 €) et il est très bien placé.
Un peu d'histoires avant de vous présenter les photos.
Le pays doit son nom à son principal cours d'eau, le fleuve Suriname. Avec une population d'environ 520 000 habitants pour 163 270 km2, le Suriname est le pays le moins densément peuplé d'Amérique. La moitié de la population vit dans la capitale.
La région est colonisée par les Provinces-Unies au XVIIe siècle et prend le nom de Guyane néerlandaise. Elle fournit sucre, café, chocolat et coton à la métropole du fait de l'esclavage.
En 1783, après un siècle de révoltes et de fuites d’esclaves (marronnage), du fait des dures conditions de ces derniers, les Néerlandais signent un traité avec le chef des révoltés Aluku Nengé, surnommé Boni, reconnaissant une véritable autonomie aux Noirs réfugiés dans les zones forestières.
Pendant l'occupation britannique, entre 1796 et 1816, de nombreux esclaves noirs, déjà anglophones, et en provenances des Antilles britanniques, arrivent au Suriname. Leur présence explique le développement de créoles à base d'anglais. Ces créoles s'étendent avec le marronnage dans le pays, au détriment du néerlandais, langue des colonisateurs qui reviennent en 1817.
L’esclavage est aboli tardivement, en 1863 (1794 puis 1848 dans les colonies françaises). Les colons font alors venir des travailleurs hindoustanis (accord avec Londres), javanais et chinois.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, de 1940 à 1945, le Suriname est mis sous tutelle des Américains et de la Grande-Bretagne, car les Pays-Bas sont occupés par l’Allemagne. La colonie coopère alors avec les alliés, et l’administration coloniale néerlandaise. À la suite de la libération des Pays-Bas en 1945, des mouvements populaires émanent pour demander l’indépendance. Enfin, en 1954, la colonie du Suriname reçoit de la couronne néerlandaise un statut d’autonomie interne (sous forme d’assemblée législative élue au suffrage universel).
L’acte d’indépendance est adopté le 25 novembre 1975 par le parlement surinamais. Le gouvernement est alors celui de Henck Arron, qui remporte en 1973 l’élection générale pour acquérir l’autonomie gouvernementale. Survint alors un exode des Hindoustanis, surtout vers les Pays-Bas.
Le 25 février 1980, à la suite d'un coup d’État du sergent Desiré Bouterse, une dictature militaire est mise en place. Une répression violente se met alors en place, se manifestant notamment le 8 décembre 1982, lors de l’assassinat de quinze opposants au régime militaire. Les Pays-Bas cessent alors le versement de l’aide au développement. L’économie s’effondre et l’émigration vers les Pays-Bas s’accélère (400 000 personnes entre 1980 et 2010).
Une révolte des Bushinenge en 1986, conduite par Ronnie Brunswijk, un des gardes du corps de Bouterse, cause le début d’une guerre civile. Les forces gouvernementales répliquent, notamment lors du massacre d’une trentaine de civils dans le village bushinenge de Moiwana, proche de la frontière avec la Guyane française. La communauté internationale fait pression pour instaurer un régime démocratique. Le gouvernement de Desiré Bouterse signe la paix avec les Bushinenge le 21 juillet 1989 lors de l'accord de paix de Kourou.
Dési Bouterse reprend le pouvoir le 24 décembre 1990, mais il perdra en 1991 devant Ronald Venetiaan qui est élu président de la République. La démocratie est rétablie et l’aide néerlandaise reprise. Les prochaines élections présidentielles, en 1996, élisent Jules Wijdenbosch comme président de la République. Ronald Venetiaan remportera les élections présidentielles de mai 2000, ainsi que celles de 2005.
Le 1er décembre 2007 se tient le procès des auteurs présumés des « massacres de décembre 1982 » (24 suspects, dont Dési Bouterse, qui refuse de se présenter devant le tribunal).
Enfin, le 25 mai 2010, les élections législatives placent la coalition de Dési Bouterse en tête, mais sans majorité absolue. Celui-ci est néanmoins élu président de la République en juillet.
Il est réélu à la suite des élections législatives du 25 mai 2015, où il obtient une majorité absolue mais ne permettant pas sa réélection en tant que président de la République. Il est réélu pour un deuxième mandat de président de la République le 14 juillet, en passant des alliances. C'est donc le Président actuel.
Ce passé violent et récent a laissé des traces au Surinam et en Guyane où de nombreux habitants se sont réfugiés pendant la guerre civile. Les guyanais, notamment de Saint-Laurent du Maroni, nous en ont souvent parlé.
Du côté du port : 1er aperçu de l'architecture hollandaise
Record battu pour un repas sur le pouce à 5 € pour nous deux ! On comprend mieux pourquoi de nombreux guyanais viennent au Surinam, le coût de la vie y est beaucoup moins élevé. Sponsor local : c'est la Parbo ! Bière de Paramaribo.
Nous retrouvons ici les mêmes populations qu'en Guyane, dont les Bonis avec leur art Tembe bien reconnaissable.
Quartiers plus populaires et marché central. Les gens sont plus souriants qu'en Guyane, on échange des sourires, on sent les regards plus bienveillants.
Une des spécialités culinaires est le Roti, plat composé d'une grande crêpe à faire tremper dans la sauce, des légumes et de la viande au choix.
Dans cette ville, plusieurs religions se côtoient et voici un bel exemple avec une mosquée et une synagogue côte à côte.
Les rues de ce quartier sont étrangement calmes et désertes.
Le soir, passage obligatoire au Princess Casino ! La fortune ne nous sourit pas ce jour, on se console avec un joli cocktail.
2h30 de taxi, 5mn de traversée du Maroni en pirogue, 3h30 de route pour rentrer à Cayenne, le chemin du retour est long !
Le week-end s'achève. Nous sommes heureux d'avoir mis un pied dans ce pays et découvert cette belle capitale.

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