Haida Gwaii, les îles du peuple
Le ferry d’Alaska Marine Highway nous dépose le 29 octobre à Prince Rupert où nous restons deux jours en escale. Il n'y a pas énormément d'intérêt à visiter cette île, mais c'est une étape entre deux trajets. La douceur des températures amène malheureusement la pluie !
Le 31 octobre, nous montons à bord d'un nouveau ferry, il s'agit cette fois de BC ferry, compagnie canadienne, donc pas de mauvaise surprise de prix ! Le trajet de Prince Rupert à Haida Gwaii dure environ 8h. Cette fois ce sont des orques que nous avons vus !
Avant de vous montrer des photos, nous ne pouvons pas manquer de vous parler de ces îles particulières.
L’archipel Haida Gwaii compte 150 îles dont les principales sont Graham (plus de 4 000 habitants) au nord et Moresby (moins de 300 habitants) au sud. Cette dernière est en partie protégée par son statut de réserve de parc national.
Cet écosystème insulaire et sauvage, particulièrement bien préservé, ne serait rien sans ses habitants, les Haida, qui depuis plus de 12 000 ans vivent en osmose avec leur milieu naturel. De ces liens étroits qu’ils ont tissés avec la terre, la mer et le ciel est née l’une des cultures les plus fortes de la côte Pacifique dont témoignent les mâts totémiques.
Avant le XVIIIème siècle, près de 15 000 Haida vivaient dans les villages disséminés le long des côtes de l’archipel. Les européens découvrent alors l'archipel et pratiquent le commerce de peaux de loutres de mer avec les autochtones. Un siècle plus tard (1862), la population était décimée par la variole apportée par ces étrangers… On ne comptait plus alors que 1598 Haida.
Les survivants abandonnèrent leur village pour se réfugier dans deux d’entre eux, encore viables, Skidegate et Masset. Ces habitants vivent principalement dans les villages Haida et les petites communautés de l’est de l’île, dont l’économie reposaient beaucoup sur l’exploitation forestière et la pêche. Deux activités aujourd’hui en déclin, que tente de compenser le développement du tourisme et la production artisanale.
Lors de la découverte de l'archipel, un capitaine de la marine marchande anglaise, Georges Dixon, baptisa les îles en l’honneur de la reine Charlotte, épouse du roi de Grande-Bretagne et d’Irlande. Ce n’est qu’en 2010 que les îles de la Reine Charlotte retrouvèrent officiellement leur nom originel : Haida Gwaii, « les îles du peuple ».
La société Haida est divisée en deux unités appelées « moitiés » : les Corbeaux et les Aigles, deux espèces très présentes sur l’archipel à l’origine des deux principaux mythes fondateurs Haida.
La 1ère Moitié était divisée en 22 lignées, la 2ème Moitié en 23 lignées.
Au sein de chaque lignage, se trouvaient des membres des deux moitiés car un mariage ne pouvait se conclure qu’entre Aigles et Corbeaux.
Chaque lignée possédait des droits sur certains cours d’eau (saumon), rivages (flétan, morue), et parcelles de terre (plantes, tabac, chasse, cèdres) afin d’assurer sa survie matérielle (habitat et nourriture), sociale, politique et spirituelle (thuyas géants pour élever des mâts mortuaires).
Pour revendiquer publiquement leur appartenance à l’une des deux moitiés, les membres sculptent et/ou peignent ces emblèmes familiaux héréditaires sur les grands mâts totémiques plantés devant les maisons. L’érection d’un mât est toujours l’occasion de grandes fêtes cérémonielles (potlatch).
Si les Haida élèvent toujours des mâts, ils le font aujourd’hui pour réaffirmer leur identité, et ce désormais à travers le monde entier, où leurs productions artistiques sont de plus en plus prisées. Il a fallu aux nouvelles générations ré-apprendre à faire des mats car ce savoir avait presque totalement disparu.
Sur ce totem du milieu du XVIIIème, on retrouve les figures emblématiques Haida : tout en bas c'est un grizzli, au milieu un chef avec son grand chapeau et tout en haut un requin.

Ici, la représentation plus moderne d'un chef.
Nos photos de totem viennent principalement du musée mais il y a bien des totem privés sur l'île, devant les maisons des habitants et dans les cimetières, que nous n'avons pas voulu prendre en photo.
Si le cougar, le loup et le grizzli sont absents d’Haida Gwaii, l’ours noir est en revanche présent. A la différence de ses congénères continentaux, ses mâchoires sont particulièrement imposantes à force de se nourrir de coquillages et il est également plus gros.
Avant de lire ces informations, nous nous demandions s'il y avait des ours sur ces îles. Dès notre 1ère randonnée, dans la forêt, nous avons vu un ours noir à 200 m. Voir un ours en liberté, alors que nous étions à pied, était ce que redoutait Pauline depuis longtemps ! Autant vous dire que nous sommes restés immobiles et silencieux le temps qu'il s'éloigne !
Côté mer, les eaux sont particulièrement riches en saumon, flétan, hareng, poulpes, crabes… Placé sur la voie migratoire printanière des baleines grises et des rorquals à bosse, Haida Gwaii héberge régulièrement une vingtaine d’espèces de baleines et de dauphins.
Sur l‘île du sud, principalement occupée par le Gwai Haanas National Park Reserve : 5 sites du patrimoine naturel et historique se visitent sous la surveillance d’anciens des villages. Le parc n’accepte pas plus de 12 visiteurs par site en même temps. Pour parcourir la réserve, il n’y a pas d’autre possibilité que de passer par une agence agréée par le parc. Nous n’aurons pas l’occasion d’y aller puisque la saison est malheureusement terminée.
Haida Heritage cultural center and museum
Nous profitons de la douceur automnale dans les forêts humides. Nous avons même pu abandonner les doudounes pour un temps !
Le Pesuta échoué en 1968.
Là c'est sûr, ce n'est pas un chien ! Mais plutôt un beau nounours !
Anvil trail
Après la série "Jack dans les montagnes", voici Jack à la mer !
Les canadiens adorent le camping. On voit devant 99 % des maisons des campings-car ou caravanes. Il y a beaucoup d'espaces où nous avons le droit de nous installer, gratuitement, dans des lieux très sympas. C'est vraiment super !
Une autre promenade dans la forêt, assez sombre avec des eaux noires, ambiance particulière !
Installation discrète à Jungle beach. Se réveiller avec le lever de soleil sur la mer et le bruit des vagues... On apprécie !
Au nord de l'île, aux environs de Masset, Agate Beach et Tow Hill, sous la pluie !
Rose Spit et sa légende :
Queen Charlotte city avec ses jolies maisons en bois.
Les habitants semblent très concernés par la préservation de leur île et vivent en harmonie avec la nature. Ils vivent simplement, et trouvent de quoi se nourrir sur Haida Gwaii : chasse, pêche et cueillette. De nombreuses petites fermes sont visibles le long des routes.
Lors d'une discussion avec un Monsieur, il nous a dit qu'ici il est facile de trouver un terrain pour poser notre camper, construire notre cabane, faire notre potager et vivre de la chasse et de la pêche. Chiche ? ;)









Chiche.... et je vous rejoins... Merci pour ces magnifiques partages et découvertes de contrées inconnues (pour moi en tout cas) Quel bonheur continu de vous suivre au fil de vos belles aventures et merci Antoine de protéger Pauline des ours, qui nous semblent ici si sympathiques. Bissssssessss à Vous deux et couragge à Jack :)
RépondreSupprimerOh merci Nathalie ! C'est tentant, n'est ce pas ? Nous sommes plus que ravis de partager nos découvertes avec vous ! Gros bisous
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